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Le travail invisible auquel je crois le plus

S'il y a un travail invisible que j'accomplis aujourd'hui et dont j'espère voir les résultats dans quelques années, c'est ma routine de lecture matinale.

Chaque matin, je prends un texte. Je le lis. Je travaille mon articulation. Mon rythme. Ma prononciation. Puis je m'entraîne à parler comme si je répondais à une interview.

Pourquoi ? Parce que je veux mieux lire. Je veux m'exprimer avec plus de clarté. Je veux devenir plus éloquent. Et surtout, je veux être capable de transmettre mes idées avec confiance.

Ce choix est profondément lié à mon histoire. Lorsque j'étais à l'école, il arrivait souvent que le professeur me désigne pour lire devant la classe. Pour beaucoup de mes camarades, c'était un exercice ordinaire. Pour moi, c'était un véritable défi. Je lisais difficilement. Je butais sur les mots. Je perdais le fil. Et je ressentais une grande honte.

Pendant longtemps, j'ai cru qu'en avançant dans les classes, tout s'améliorerait naturellement. Mais j'ai compris une chose importante. Le niveau scolaire ne fait pas progresser automatiquement notre manière de parler. Ce sont les efforts répétés qui le permettent.

Je me suis également souvenu de mon enfance. Ma mère me demandait parfois de lire. Mais, à cette époque, je préférais aller jouer. Je ne comprenais pas encore la valeur de ces petits exercices. Aujourd'hui, avec le recul, je souris en repensant à ces moments. Ils me rappellent que certaines opportunités ne prennent leur véritable sens que plusieurs années plus tard.

Alors j'ai pris une décision. Je ne lis plus parce que quelqu'un me le demande. Je lis parce que je l'ai choisi. Je lis pour devenir une meilleure version de moi-même.

Mon objectif n'est pas de devenir parfait. La perfection est un horizon qui recule sans cesse. En revanche, je veux devenir meilleur qu'hier. Je veux qu'un jour, lorsque je prendrai la parole devant un public, mes mots soient le fruit de toutes ces matinées silencieuses où personne ne me regardait.

Bien sûr, il y a des jours où je manque de motivation. Des jours où je suis fatigué. Des jours où je n'ai pas envie. Mais j'essaie toujours de revenir.

Car je crois qu'au fond, le plus important n'est pas de ne jamais tomber. Le plus important est de toujours revenir sur scène.

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