Il m'est finalement venu à l'esprit qu'il existe beaucoup de bonnes choses auxquelles nous pourrions consacrer notre temps. Des choses qui nous permettent d'apprendre, de découvrir de nouvelles perspectives, d'enrichir nos connaissances et, d'une certaine manière, de devenir de meilleures personnes.
Mais, à bien y réfléchir, il y a une réalité que nous ne devons pas perdre de vue : nous ne pouvons pas consacrer notre temps à tout ce qui mérite notre attention. Il faut donc apprendre à choisir ce qui compte véritablement pour nous.
Je me souviens d'une fois où je me trouvais sur YouTube. J'étais venu avec un objectif bien précis : regarder quelque chose que je recherchais. Mais, au fil de ma navigation, je suis tombé sur une vidéo particulièrement intéressante. J'ai décidé de la regarder jusqu'au bout.
Ensuite, j'ai continué à faire défiler les vidéos. Je suis tombé sur d'autres contenus tout aussi intéressants, qui apportaient chacun quelque chose de nouveau. Une vidéo après l'autre, je continuais à découvrir de bonnes choses, sans vraiment me rendre compte du temps qui passait.
Finalement, j'avais consacré une grande partie de ma journée à regarder des vidéos YouTube.
Le plus intéressant dans cette expérience, c'est que je n'avais pas nécessairement perdu mon temps à regarder des contenus sans intérêt. Au contraire, j'avais découvert des choses qui pouvaient m'être utiles. Pourtant, j'avais fini par m'éloigner de mon objectif de départ.
C'est alors que je me suis posé une question : est-il possible de passer beaucoup de temps à faire de bonnes choses tout en négligeant celles qui comptent réellement pour nous ?
Je pense que oui.
Nous avons souvent tendance à considérer qu'une activité est bénéfique simplement parce qu'elle nous apporte quelque chose. Lire un livre, suivre une conférence, apprendre une nouvelle compétence ou écouter une personne partager son expérience sont autant d'activités qui peuvent contribuer à notre développement.
Mais il me semble que nous oublions parfois une chose essentielle : le fait qu'une activité soit bénéfique ne signifie pas nécessairement qu'elle soit prioritaire.
Imaginons que nous ayons prévu de travailler sur un projet important. En chemin, nous découvrons une conférence qui pourrait nous aider à mieux comprendre notre domaine. Nous décidons de l'écouter. Puis nous en découvrons une autre, encore plus intéressante. Nous continuons ainsi, jusqu'à ce que la journée s'achève.
Nous avons appris beaucoup de choses, certes. Mais avons-nous réellement avancé dans notre projet ?
C'est là que se trouve, à mon avis, toute la subtilité du problème.
Nous pouvons parfois confondre le fait d'accumuler des connaissances avec celui de progresser. Nous pouvons avoir l'impression d'avancer parce que nous apprenons constamment, alors que nous négligeons les actions concrètes qui devraient nous rapprocher de nos objectifs.
Cela ne signifie évidemment pas que l'apprentissage est inutile. Bien au contraire. Mais il me semble important de savoir lui donner sa juste place.
Car notre temps est limité, tandis que les possibilités d'apprendre, de découvrir et de nous améliorer sont presque infinies.
Nous ne pourrons pas lire tous les livres intéressants, regarder toutes les conférences enrichissantes ou acquérir toutes les compétences qui pourraient nous être utiles. Il nous faudra donc faire des choix.
Et choisir, c'est aussi accepter de ne pas faire certaines choses, même lorsqu'elles sont bonnes.
Je peux reconnaître la valeur d'une conférence sans avoir besoin de la regarder immédiatement. Je peux être intéressé par un sujet sans devoir approfondir mes connaissances sur celui-ci au moment même où il attire mon attention.
Il ne s'agit pas de renoncer à sa curiosité, mais plutôt d'apprendre à la maîtriser, afin qu'elle ne nous éloigne pas systématiquement de ce que nous avions décidé d'accomplir.
Après tout, nous ne pouvons pas poursuivre toutes les possibilités qui se présentent à nous. Nous devons aussi apprendre à reconnaître celles qui méritent notre attention à un moment précis de notre vie.
Je pense donc qu'au-delà de la capacité à distinguer les bonnes choses des mauvaises, nous devons développer une autre capacité : celle de distinguer ce qui est simplement intéressant de ce qui est véritablement important pour nous.
Car, finalement, le défi n'est pas seulement de trouver de bonnes choses auxquelles consacrer notre temps, mais aussi de savoir lesquelles méritent de passer avant les autres.